La fin du libéralisme

En abandonnant le libéralisme, on ne peut éviter l'état totalitaire qu'en le rendant inutile. Cela exige que tous, et singulièrement les dirigeants de l'économie, comprennent leur véritable intérêt qui est conforme à l'intérêt public; cela exige que l'Etat, dont le rôle, qu'on le veuille ou non, grandira, cesse d'être à la fois le pourvoyeur et l'ennemi de tous, que les gouvernants soient les serviteurs de l'intérêt général et non ceux d'une cohue d'intérêts particuliers, cela exige que la morale soit changée (...). Le libéralisme nous a donné de bien mauvaises habitudes. Il a sanctifié l'égoïsme. En bénissant le succès personnel, comme l'élément unique et nécessaire du bien-être général, il a détruit la notion du devoir social (...). Il faut aujourd'hui que nous recréions une morale (...). Mais si tout cela vous paraît vain, impossible et surhumain (...), soyez assurés que d'autres, plus jeunes, entreront dans la voie que nous n'avons pas ouverte, et parce qu'ils ont l'âme fraîche et le coeur pur, recréeront sans nous et malgré nous, à travers l'injustice et la misère, le monde que nous aurons laissé mourir.


Auguste Detoeuf, conférence du 1er mai 1936.
Repris dans Enjeux Les Echos Mai 2007
Les fautes de frappe sont miennes.

Commentaires

  1. A part les maux, il faut bien se rendre à l'évidence que les choses n'ont en effet pas beaucoup changé depuis.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Articles les plus consultés