Courir en montagne

La montagne, parfois ça descend, mais souvent ça monte, comme dit le proverbe néerlandais.
C'est un terrain de jeu toujours étrange pour un habitué des chemins côtiers, au début ça parait même très hostile, toutes ces verticales, cette minéralité agressive qu'aucune marée ne vient caresser.
Parfois même il neige, c'est très joli vu de loin, mais de près c'est tout froid et bien glissant ou bien profond.
Deux saisons, celle ou il fait trop chaud et celle ou il fait trop froid, séparées seulement de quelques mètres ou de quelques secondes.
Deux climats, super sec au soleil, 100% d'humidité dans les nuages.
Deux terrains, celui qui monte pendant des heures et celui qui descend beaucoup trop vite.


Deux cultures, celle des hypermarchés de sports d'hiver et celle du gars tout là-haut tout seul.
Après une journée de ski industriel j'ai regardé autour, je me suis demandé si j'en étais capable, j'ai convaincu mon entourage, et puis je suis parti sur les chemins.
J'ai pu commencer progressivement, d'abord en raquettes pour tester l'adaptation à l'altitude (1200 à 2000 m), la température (autour de 0°) et la météo (grand bleu / brouillard / averses de neige) et c'était plutôt sympa.
Pour aller à mon rythme sans trop d'hésitation, j'ai suivi les sentiers balisés pour les raquettes ou pour la randonnée, quelques belles boucles avec plus ou moins de dénivelé et de la neige un peu damée ou fraîche suivant les jours.
C'est un peu plus difficile que de courir au niveau de la mer, mais en restant calme on passe un peu partout.

Ce que j'ai trouvé difficile :
  • Les écarts de température, très chaud en montée en plein soleil, bien froid en descente à l'ombre, quelques bourrasques de neige au détour d'un col. Les bons vêtements s'adaptent vite.
  • La respiration, même si l'altitude n'est pas si forte, il ne faut pas s'attendre à retrouver ses sensations habituelles. Tête légère ou coup de mou un peu brutal, j'ai reconnu les signes d'hypoxie et dû adapter le rythme.
  • L'hydratation à ne pas oublier entre l'air très sec et les nuages brumisateurs dans lesquelles on se retrouve brusquement.
  • Le vertige au détour d'un balcon ou dans le coton.
Ce que j'ai trouvé génial :
  • Ça demande de l'engagement, il y a un vrai risque avec la météo et le terrain, ça réveille tous les sens.
  • C'est bon pour le moral. On avale vite les difficultés, c'est géant la variété des conditions, le plaisir  d'un sol moelleux, les vues incroyables quand on lève la tête, la légèreté de l'air, le SILENCE dans la neige, le plaisir d'être tout seul très vite... 
  • ou de retrouver du monde pour une fondue au refuge, il faut bien récupérer des calories.


Pour le Matériel, c'est pas une randonnée, mais ça pourrait :

  • Un téléphone avec GPS et de bonnes batteries.
Bien sur, tout ceci suppose de l’entraînement préalable (même au niveau de la mer) et une bonne forme pour bien en profiter.
Comme toujours en montagne comme en mer, on ne part pas seul sans avoir donné à quelqu'un (famille, ami, voisin, office du tourisme, épicière, Twitter ?) une idée de son itinéraire et au moins une vague durée de la sortie.
Un incident est vite arrivé et c'est très grand la nature... Autant s'alléger l'esprit :)



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